Festival de Salzbourg. SOMPTUEUSE EXÉCUTION MUSICALE

Festival de Salzbourg. SOMPTUEUSE EXÉCUTION MUSICALE

27 août 2019
Festival de Salzbourg : Grosses Festspielhaus
Giuseppe Verdi : Simon Boccanegra
Luca Salsi (Simon Boccanegra), Marina Rebeka (Amelia Grimaldi), René Pape (Jacopo Fiesco), Charles Castronovo (Gabriele Adorno), André Heyboer (Paolo Albiani), Antonio Di Matteo (Pietro)
Andreas Kriegenburg (mise en scène), Harald B. Thor (décors), Tanja Hofmann (costumes), Andreas Grüter (lumières), Ernst Raffelsberger (chef des chœurs), Wiener Philharmoniker, Valery Gergiev (direction musicale).



La seconde version de Simon Boccanegra ne brille pas par sa simplicité. Rien d’étonnant puisque comme Le Trouvère, l’opéra est tiré d’une pièce très complexe du dramaturge espagnol Antonio-Garcia Gutierrez. Il appartient au metteur en scène d’éclairer l’action en la centralisant sur la personnalité du héros. La droite de l’immense scène est occupée par une sorte de grosse tour ; au milieu se dresse un petit jardin boisé, le reste de l’espace étant nu. La mer ferme l’horizon. Seul meuble, un insolite piano à queue sans autre fonction que de permettre à Boccanegra de se coucher dessus après son empoisonnement. Pour la grande scène du Conseil, les murs de la tour se sont ouverts et laissent apparaître une colonnade très mussolinienne. L’allusion se confirme lorsque le doge préside et domine le Conseil du haut d’une tribune sur la tour. Boccanegra aurait pu devenir dictateur si sa profonde humanité n’avait repris le dessus et lui faisait ainsi pardonner à ses ennemis. Dans le rôle-titre, Lucas Salsi allie une prestation vocale raffinée à une excellente présence scénique, tout comme le Fiesco de René Pape. Ligne de chant très épurée et excellente diction caractérisent la performance de Charles Castronovo, Adorno. La voix prenante de Marina Rebeka traduit à merveille le caractère troublé d’Amelia. Les superlatifs manquent pour décrire la direction musicale de Valery Gergiev à la tête du Wiener Philharmoniker et des chœurs de l’Opéra de Vienne.

Pierre Iung

Photo : Ruth Walz