Monumental Rienzi


MONUMENTAL
KAISERSLAUTERN
Pfalztheater
Richard Wagner : Rienzi
2 juin 2019


Ricardo Tamura (Rienzi), Sonja Gornik (Irène) ; Wieland Statter (Colonna), Jennifer Maines (Adriano) , Karel Martin Ludvik (Orsini), Bartolomeo Stasch (Raimondo), Johannes Reitmeir (mise en scène), Thomas Dörfler (décors), Antje Adamson (costumes), Manfred Wilking (lumières), Gerhard Polifka (chœurs), Orchestre du Pfalztheater, Uwe Sandner (direction musicale).

C’est avec Rienzi, grand opéra historique en cinq actes « à la française » que Richard Wagner pensait conquérir Paris. On sait qu’il n’en fut rien et que son séjour dans la capitale française fut un échec. C’est donc à Dresde où l’ouvrage fut créé en 1842 que son auteur connut enfin son premier succès.
Ville moyenne (cent mille habitants), Kaiserslautern a mis en œuvre des moyens considérables pour présenter l’opéra dans des conditions optimales. Il s’agit de la version habituellement représentée en Allemagne d’environ deux heures trente de musique. Les nombreuses coupures ne présentent pas un grand intérêt et rien ne vient freiner la progression dramatique. Tous les principaux airs et les ensembles sont conservés et la distribution se révèle très équilibrée. On apprécia notamment les Colonna père et fils : Wieland Satter, robuste basse profonde, et Jennifer Maines, mezzo très investie dans son rôle travesti. Même satisfaction pour le ténor Ricardo Tamura, physiquement très crédible et Irène, chantée par Sonja Gornik. On reste saisis d’admiration par les chœurs (très renforcés) souvent sollicités, d’une très grande homogénéité et d’une puissance remarquable. Les décors, montés sur plateau tournant, évoquent selon leur position les différents lieux de l’action. Ils renvoient parfois aux tours patriciennes des cités italiennes moyenâgeuses de l’époque. La mise en scène très lisible met particulièrement en valeur les très fréquents mouvements de foule. Une direction musicale efficace confère un parfait équilibre entre la fosse et le plateau.

Pierre Iung