Lazare-Lévy par Frédéric Gaussin


En 1950 et 1953, sous l'égide du Ministère des Affaires Etrangères et du journal Mainichi, le pianiste virtuose et compositeur Lazare-Lévy (1882- 1964) donna près de 100 concerts dans plus de 25 villes japonaises, en qualité officielle d'Ambassadeur culturel de la République Française. Premier soliste d'envergure internationale à fouler le sol de l'Empire aux lendemains de la guerre, le Professeur du Conservatoire de Paris fut reçu par la famille impériale, acclamé dans tout l'archipel, et chargé spécialement d'auditionner quarante étudiants recrutés parmi l'élite de la jeune école pianistique nationale lors d'une série de leçons de Maître qu'il dispensa à Tokyo et à Osaka. Redécouverts après un demi-siècle d'oubli, ses "cours d'exécution musicale", recueillis alors par un entourage fidèle, révèlent les conceptions musico-techniques et interprétatives novatrices du pédagogue célèbre, intime d'Enesco et Ravel, qui forma Clara Haskil, Lukas Foss, Solomon et John Cage – 500 extraits de partitions commentées, doigtées, annotées, toutes tirées du grand répertoire, remis en perspective et présentés ici pour la première fois en français.
Cet ouvrage est dû à la plume experte de notre ami et collaborateur Frédéric Gaussin.
Lazare-Lévy, Père spirituel de l'Ecole japonaise de piano. Cours d'exécution musicale : Tokyo, Osaka (1950-1953), Sarrebruck, Editions Universitaires Européennes, 2010, 320 pages.
ISBN : 978-613-1-55400-1

Cet Edito vous concerne!

EN AVANT !

Vous auriez pu tomber, si elle n’avait été diffusée en interne, sur une drôle d’émission le 24 novembre 2010, entre 18 h et 18 h 30. Nous avons fêté, ce jour-là, à Accent 4, le premier départ à la retraite d’un de nos salariés, René Schöps, responsable depuis 1996 de l’édition de notre bulletin. René va nous manquer : son urbanité, la finesse de son humour, son amour de la musique et de la BD, sa camionnette antédiluvienne qui transportait vaillamment les bulletins de nos bureaux à ceux de la poste.
A ce jour, la réalisation du bulletin a été transférée à une société extérieure, ce qui allège le travail de nos trois salariés restants mais plombe le budget de notre association.

A ce propos…
Certaines réactions d’auditeurs non abonnés, spontanées ou mûrement pesées, rappellent la parabole des noces de l’Evangile selon Matthieu où un roi, qui organisait des noces somptueuses pour son fils, envoya ses serviteurs appeler les invités. Mais chacun d’eux avait une préoccupation : l’un devait travailler son champ de toute urgence, l’autre se livrer à son négoce. Chacun avait une belle excuse pour bouder la fête préparée.

Eh bien, il en va de même pour un très – trop – grand nombre d’auditeurs de notre radio. Et chaque bénévole qui essaie d’encourager un proche, un ami, qui écoute notre radio sans pour autant adhérer à notre association, se voit opposer des arguments du même type que ceux de la Bible. Un couple très aisé, deux voitures, deux résidences secondaires, à qui l’un de nous vient d’offrir un billet de concert, décline fermement l’invitation à s’abonner au bulletin et à nous aider à vivre. Des amis qui écoutent Accent 4 vous invitent à dîner et, quand vous sonnez à leur porte, changent brusquement de fréquence pour que la question de leur adhésion ne soit même pas évoquée. Un autre décline, parce que nos enregistreurs, qui font un travail de l’ombre astreignant et remarquable, ont des voix pour présenter les œuvres diffusées, qui ne lui conviennent pas. Tant il est habitué sans doute aux voix formatées des présentateurs de télévision, dont le ton reste guilleret même quand ils annoncent des catastrophes. Tous ces gens-là refusent peut-être simplement d’avouer qu’ils sont radins…

Naturellement, nous voilà dans le rôle du maître d’école qui, paradoxalement, s’en prend aux élèves présents parce que les autres sont absents ! Mais que faire ? Si vous avez des idées neuves, nous sommes preneurs. L’injustice – telle qu’elle nous apparaît – consiste bien sûr dans le fait que ces milliers d’auditeurs de l’ombre profitent autant que vous de notre radio, qu’ils participent au festin, qu’ils nous écoutent en voiture où elle les déstresse (je cite), au milieu de la nuit quand ils ont des insomnies ou par simple plaisir à tout moment du jour.
Faut-il rattacher cet égoïsme au plaisir de la gratuité, à l’impression d’en avoir plus que pour son argent, à la suave sensation de faire (enfin) des économies, à l’individualisme de notre environnement humain, où chaque conducteur de voiture s’approprie la chaussée à lui tout seul, où des enfants sont battus dans le silence assourdissant des voisins ?
Il faut que ça change ! Et vite ! Nous n’avons pas, à Accent 4, des moyens de coercition, genre décodeur, ni de persuasion qui ne soit éculé car éternellement répété. Donc : à votre imagination !

Mais foin de pessimisme en ce début d’année 2011 ! Nous voulons croire que l’abonnement Internet – moins cher que l’abonnement bulletin- explosera. Nous continuons à croire que les hommes sont fondamentalement de bonne volonté, même s’ils l’ignorent, que cette année nouvelle ouvrira les consciences à autrui et à ses problèmes. Nous voulons croire à une année neuve, où le champ de tous les possibles est ouvert. Et nous vous souhaitons de rencontrer joie, lumière, solidarité, entente, amour et fraternité sur le chemin qui s’ouvre sous vos pas.

c.h