Editorial avril 2010

Le Mot du Président

A l’heure où vous lisez ces lignes, Accent 4 a répondu à l’appel à candidatures lancé le 16 janvier 2010 par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), en vue du renouvellement des fréquences analogiques en Alsace et en Lorraine. En déposant notre dossier de candidature auprès du Comité technique radiophonique (CTR) de Nancy le 18 mars, nous avons respecté le délai fixé par le CSA au 19 mars.

Notre candidature comporte deux volets.

Le premier concerne le renouvellement des autorisations dont nous disposons actuellement sur Colmar, Sélestat et Strasbourg. Sur ces trois sites, nous demandons le maintien de nos fréquences (90.4 à Colmar, 98.8 à Sélestat et 96.6 à Strasbourg).

Le second volet traduit notre volonté, exprimée ici à plusieurs reprises déjà, d’étendre notre zone de couverture. Nous demandons au CSA de nous accorder deux fréquences nouvelles, l’une à Mulhouse, l’autre à Saverne. Nous vous avions fait part de notre souhait d’étendre aussi la couverture vers le nord de la région, mais aucune fréquence ne se libèrant en définitive à Haguenau, nous devons renoncer à ce projet, du moins provisoirement.

Concernant Mulhouse et Saverne, rien n’est cependant acquis d’avance, car les candidats sont très nombreux et les fréquences disponibles très rares ! Pour nous donner les meilleures chances, nous avons construit notre dossier autour de la dimension régionale de notre projet radiophonique, tel que vous pouvez le constater tous les jours à l’antenne, puisque nos annonces de concert comme la diffusion de concerts enregistrés concernent depuis longtemps déjà les zones de Mulhouse et de Saverne.

Notre dossier, comme tous ceux qui auront été déposés, est maintenant en cours d’instruction auprès des services du CTR, avant sa transmission ensuite aux neuf « Sages » du CSA qui prendront leur décision selon un calendrier qui n’est pas connu à ce jour, mais qui devrait nous mener au début de l’été.

Ce dossier, nous devons ensemble l’accompagner. De notre côté, nous allons activer nos réseaux à Mulhouse et Saverne, afin que notre projet provoque des échos favorables remontant vers CSA et qu’une dynamique se créée sur le terrain autour de notre projet d’extension. De votre côté, chers lecteurs et auditeurs, n’hésitez pas à faire connaître les enjeux de ce projet à vos interlocuteurs et connaissances des zones de Mulhouse et de Saverne afin qu’une telle dynamique puisse s’amplifier.

Nous venons d’aborder le printemps, la saison autorisant tous les espoirs. Celui que je formule, au nom d’Accent 4 et de la communauté d’auditeurs que vous représentez, c’est l’espoir que notre projet connaisse la réussite et qu’ainsi Accent 4 puisse correspondre encore mieux au slogan qui est le sien : « la musique classique en Alsace ».

Hubert Metzger

Les annonces de concerts en région Alsace

Ecoutez les annonces des évènements et concerts (musique classique) à venir en Alsace en utilisant le lecteur ci-dessous.
Si vous organisez un évènement musical ou un concert de musique classique en Alsace, contactez Accent 4 !

Bâle : la grande duchesse de Gerolstein

BALE : LA GRANDE DUCHESSE DE GEROLSTEIN
DE CHRISTOPH MARTHALER SUR UNE IDÉE DE JACQUES OFFENBACH

L’Opéra de Bâle est un théâtre innovant en matière de mise en scène, qu’il fasse appel à des nouveaux talents, tels Benedikt Von Peter (Dialogue des Carmélites) et Philip Stölz (Faust et Vaisseau Fantôme) ou au sulfureux Calixto Bieito, le plus iconoclaste des régisseurs. (Don Carlos- Lulu- De la Maison des Morts) ou comme récemment à Christoph Marthaler, vétéran du " régietheater ", habitué des lieux depuis de nombreuses années, pour la nouvelle production de La Grande Duchesse de Gerolstein, une des meilleures et des plus intéressantes opérettes d’Offenbach.
Et c’est ainsi que le public bâlois put découvrir une nouvelle œuvre qui, si elle ravissait les connaisseurs de théâtre de Marthaler, désemparait les simples amateurs d’opérettes traditionnelles ! Elle se présentait en deux parties, la première, constituée par le premier acte de La Grande Duchesse augmentée d’un air du second, respectait sur le plan musical la partition d’Offenbach. En revanche, la seconde devenait une vaste pantomime typique du style de Marthaler et débarrassée de sa musique originale. La décoratrice habituelle de Marthaler, Anna Viebrock avait conçu un imposant dispositif scénique sur trois niveaux dont le rez-de-chaussée était occupé par une boutique de mode, avec pour seule cliente la Grande Duchesse, contigüe d’une armurerie remplie de toutes sortes d’armes à feu qu’un armurier consciencieux passait son temps à vérifier et à essayer. A l’étage, une vaste salle de réception reliée par un grand escalier à une mezzanine donnant à l’arrière sur une cour d’immeuble. La représentation commençait par une longue scène muette, les musiciens vêtus
de treillis militaires, prenant place lentement dans la fosse avant d’attaquer les premières mesures de Tannhäuser , puis enfin l’ouverture de La Grande Duchesse. Pendant le premier acte, un pianiste du haut de la mezzanine égrenait par moment des bribes de Parsifal, Tristan, La Veuve Joyeuse et autres Love Story ! Puis, à la fin de l’acte, au moment du départ à la guerre, il attaqua la Marche Funèbre de Siegfried pendant que les figurants sortaient de scène, non sans s’être copieusement armés, suivis des musiciens. Et c’est ainsi que commença la pantomime, puisque l’orchestre ne revint pas après avoir exécuté seulement le tiers de la partition, laissant le chef désemparé se consoler dans le whisky. Le whisky dont tous les protagonistes restés sur scène firent d’ailleurs une ample consommation tout en continuant à jouer leur rôle. On apprécie l’immense talent de Marthaler, captivant l’attention du public pendant une heure, avec des personnages muets, ne rompant le silence que par deux ou trois airs en sourdines empruntés à Bach, Brahms ou Haendel, accompagnés par le seul pianiste. Le ton était comique, parodique et critique envers le militarisme, mais pas plus qu’il ne le fut à la création en 1867, lorsque la bonne société du Second Empire venait rire à ses dépens d’une œuvre qui se révéla prémonitoire, lorsque trois ans plus tard l’armée française, commandée par d’authentiques généraux Boum s’effondra devant les Prussiens.
Outre la mise en scène de Marthaler, dont on se doutait qu’elle nous réserverait des surprises, l’autre intérêt de cette production programmée pendant les fêtes de fin d’année, consistait en la présence d’Anne Sophie Von Otter, qui revenait dans le théâtre où elle avait débuté sa prodigieuse carrière. Elle incarna avec une rare élégance une Grande Duchesse travaillée par le désir, se pliant sans contrainte et avec talent aux jeux de scènes raffinés imposés par Marthaler. Le seul regret fut que l’on ne put apprécier ses immenses qualités vocales, que pendant le premier acte et un air de…Haendel. Même regret pour Hervé Niquet à la tête de l’excellent orchestre de chambre de Bâle, qui après une vigoureuse et trop courte prestation, se révéla un comédien talentueux dans la deuxième partie. La distribution était partagée selon les rôles entre comédiens, tous habitués au travail de Marthaler et chanteurs membres de la troupe. En tête de ceux-ci, brillait le couple d’amoureux, Fritz et Wanda, incarné par Norman Reinhardt, ténor puissant à la voix chaleureuse et Agata Wilewska, belle soprano, aux intonations délicates et sensibles. Très bonne tenue également des autres chanteurs et notamment Christoph Homberger en Général Boum et Rolf Romei en Prince Paul.
Il ressort finalement de cette adaptation de l’œuvre d’Offenbach, que celle-ci n’a servi pour sa plus grande partie que de canevas à l’action théâtrale de Marthaler, passionnante certes, mais néanmoins frustrante quant à l’absence des deux tiers de la musique du compositeur.

Pierre IUNG
Correspondant d’Accent 4

Editorial Mars 2010

L’entre-deux

Blanc et noir Bien et mal

Jour et nuit Propre et sale

Grand et petit Homme et femme

Matin et soir Cendre et flamme

Soleil et pluie …


Dans ce jeu des contraires, tous les termes apparaissent comme étant antithétiques dans notre expérience quotidienne. Ils marquent la différence maximale, qui contient cependant, dans l’entre-deux, quantité d’intermédiaires qu’ils excluent par leur franche opposition.

L’oxymoron ou oxymore, figure de style qui assemble des mots paraissant contradictoires, contient lui aussi des extêmes. Ainsi, quand Baudelaire évoque un “enfer polaire” pour qualifier le spleen, il contredit la représentation traditionnelle de l’enfer, - s’il existe, et tel que les hommes se l’imaginent - avec ses flammes, son feu brûlant, sa chaleur torride ; l’enfer (sur terre) ne ressemble-t-il pas, parfois, à une chape de glace qui engourdit sensations et sentiments et nous coupe des autres et de la vie?


Dans les pays nordiques, en juin, autour du solstice, le soir tombe, clair puis gris, dans des lueurs diffuses jusqu’à minuit. Et la nuit luit alors d’une “obscurité lumineuse”. Vers trois heures du matin, l’aube se profile à l’horizon, teintée vaguement de bleu, puis de jaune pâle et d’orange. Vous avez dit “obscurité lumineuse”?


La Fontaine, lui, dans l’énumération des plaisirs de la vie, comme “le jeu, l’amour, les livres et la musique”, introduit “le sombre plaisir d’un coeur mélancolique”. Si la mélancolie est perte de tonus, cet abattement, cette semi-dépression que l’on sait, ce flottement des sensations et des émotions, elle n’est pas sans charme parfois. Observons pour preuve le repos songeur de la “Melancholie” de Dürer.


En musique, un Requiem peut insuffler une joie grave, profonde, primaire, comme un air de valse entraînant peut se teinter, pour l’auditeur, de réminiscences ambigües, de soupirs, d’une nostalgie vague.


Le chagrin peut être obsédant, obsessionnel même, et puis se muer peu à peu en une tristesse sombre, puis plus diffuse, plus intermittente. La joie aussi est rarement sans partage : le rire à peine éteint, les préoccupations ressurgissent avec le retour à la réalité.


C’est dans la nuance que réside le vrai, la vérité de l’instant, et non dans l’opposition ou la définition catégorique. Du rouge bordeaux au rosé, du bleu nuit au bleu azur, les nuanciers des peintres ou des tapissiers présentent la gamme entière des teintes possibles. Consultons donc jour après jour le nuancier de notre âme. Après les couleurs froides et grises de l’hiver, habillons-la de jaune pâle, de vert tendre, de rouge passion, en tons et sons joyeux et souriants, en harmonie avec l’espoir du renouveau de la nature.

c.h.

Le mot du président

En ce début d’année, les décisions du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (C.S.A.) contribuent fortement à alimenter l’actualité du paysage audiovisuel Alsacien.

L’annonce de l’arrêt de la diffusion des chaînes de télévision analogiques, à partir du 2 février 2010, bien que programmé de longue date, n’a pas manqué de plonger bon nombre de foyers dans le doute (notre installation sera-t-elle opérationnelle à temps ?), ni d’y susciter quelques débats essentiels, voire existentiels (acheter ou non un nouveau téléviseur ? installer le décodeur X ou Y ? bricoler soi-même, ou faire appel à un professionnel ?) Aux dernières nouvelles, l’obstacle a été franchi sans difficultés excessives et notre région a basculé dans l’aire de la télévision numérique.

A propos de numérique, nous vous avions entretenu ici, à plusieurs reprises, de l’avènement prochain de la radio numérique terrestre. Pour simplifier, il s’agit de l’équivalent de la télévision numérique, mais en matière de radio. Nous émettions quelques inquiétudes, liées d’une part à l’incohérence du standard technique retenu par la France, mais aussi, d’autre part et surtout, aux besoins nouveaux de financement que ce passage à la diffusion numérique allait entraîner. Aux dernières nouvelles, les autorités ont pris la sage décision de ne pas précipiter les choses, sur le mode wait and see. ACCENT 4 avait pris la décision, l’an dernier, de déposer un dossier de pré-candidature, une manière d’être dans la course, comme l’ont également fait la quasi totalité des radios françaises. Pour la radio numérique, c’est donc partie remise.

Mais pour ACCENT 4, l’actualité de ce début d’année se focalise maintenant sur l’appel à candidatures du C.S.A. en vue du renouvellement des fréquences analogiques en Alsace et en Lorraine. Vous le savez, ACCENT 4 dispose actuellement de trois fréquences sur la bande FM : Colmar (90.4) Sélestat (98.8) et Strasbourg (96.6). Ces fréquences sont exploitées sur la base d’une autorisation délivrée par le C.S.A. pour une durée définie. Or, les autorisations des radios de notre région expirent en septembre prochain, d’où cet appel à candidatures du C.S.A. Nous avons à déposer notre dossier de candidature pour le 19 de ce mois et nous tenterons à cette occasion d’obtenir l’extension de notre zone de couverture hertzienne à des parties de notre région non encore couvertes. A cette occasion, nous reviendrons vers vous pour que vous puissiez nous manifester votre soutien, car il ne fait pas de doute que cet appel à candidatures représente une mise en concurrence avec d’autres candidats, en particulier pour ce qui concerne les nouvelles fréquences que nous souhaitons obtenir. Soyez à l’écoute des messages qui seront diffusés à l’antenne dans les prochaines semaines et merci par avance pour le soutien que vous voudrez bien apporter à votre Radio.

Hubert Metzger Président d'Accent 4