Focus : Les chemins de traverse



L comme…..

Peter Erasmus LANGE-MÜLLER



Compositeur danois
Né le 1 décembre 1850 à Copenhague
Mort le 26 février 1926 à Copenhague

Principales compositions:
Quatre opéras: Tove, (1877), Les Etudiants espagnols (1883), Madame Jeanne (1892), Sang de Viking (1900)
Près de 250 Lieder, dont une vingtaine orchestrés
De nombreuses œuvres chorales
2 symphonies et des pièces orchestrales (A l’Alhambra, 1876)
Un concerto pour violon, op. 69 (1902)
Plusieurs musiques de scène : Il Etait une Fois (1885), Fête à Solhaug (1888), Renaissance (1901)…
De la musique de chambre ( 1 trio, 3 fantaisies et une romance pour violon et piano, Feuilles d’album pour quatuor à cordes)
Quelques recueils de pièces pour piano …


Lorsque sa mère décède en 1859, Peter Erasmus Lange-Müller n’a que 9 ans. L’harmonie radieuse d’un cercle familial aisé, cultivé, disparaît, laissant chez le garçon une mélancolie qui deviendra son principal trait de caractère.
Cet état dépressif chronique se double d’une santé fragile, marqué par des migraines récurrentes qui l’empêchent de fréquenter l’école avant l’âge de 17 ans et l’obligent quelques années plus tard à abandonner définitivement toute velléité étudiante pour se consacrer uniquement à la musique.
Depuis l’adolescence le jeune Peter a trouvé dans cet art - il apprend le piano dès son plus jeune âge - un monde en corrélation avec son univers intime. Il s’essaiera également à la peinture et même à l’horticulture.
Il prend un temps des leçons de piano auprès d’un important pédagogue, G. Matthison-Hansen, puis d’E. Neupert, créateur du concerto de Grieg, avant que ses problèmes de santé ne le contraignent à nouveau à cesser son apprentissage et à se lancer dans la carrière en autodidacte: les cercles musicaux de l’époque lui reprocheront toujours une maitrise imparfaite des techniques de composition.
Lange-Müller assume cette approche intuitive, jusque dans ses dernières années: «La musique est l’art qui provient directement du cœur» écrira-t-il en 1910. Ses dons de mélodiste l’amènent naturellement à se tourner vers la composition vocale: il se forge peu à peu une réputation grâce à ses chansons et ses ballades, fort prisées à l’époque.
Sa première œuvre d’envergure, la suite orchestrale «A l’Alhambra», connait en 1876 un grand succès, qui se prolonge à la scène avec de nombreuses contributions théâtrales. Ses musiques de scènes pour «I Mester Sebalds Have» de S. Bauditz ou pour le conte de fées «Il Etait une Fois» de Holger Drachmann, dramaturge avec lequel il collaborera à maintes reprises, en sont les plus incontestables réussites.
A l’opposé, ses tentatives dans le domaine de l’opéra, genre qui l’attire tout particulièrement, se soldent toutes par des échecs cuisants. Sous le coup de ces déceptions et amoindri par ses problèmes de santé qu’aucun médecin ne parvient à soulager, Lange-Müller cesse pratiquement de composer dans les premières années du siècle. Il n’en reste pas moins actif dans la vie musicale de Copenhague et finit enfin par connaître, un an avant sa mort, les honneurs et la reconnaissance du milieu culturel danois, pour l’ensemble de son activité artistique.

En tant que compositeur, son écriture, personnelle sans être novatrice, et étrangère aux évolutions musicales de son époque (Nielsen), s’inscrit dans la continuité du romantisme danois de Niels Gade et J. P. E. Hartmann.

Patrice MERCIER



Pour prolonger l’écoute: Il faut se tourner vers les labels indépendants scandinaves: Danacord et Da Capo ont enregistré des lieder et des pièces chorales au sein de programmes variés. Kontrapunkt a édité une intégrale des œuvres pour piano et un disque de musique de chambre. Peu de musique de scène en dehors de 3 enregistrements parus chez Da Capo et Bis. Seul le concerto pour violon a bénéficié de plusieurs versions de qualité chez Danacord et Da Capo.


RETROUVEZ LES CHEMINS DE TRAVERSE SUR ACCENT 4 LE TROISIEME MERCREDI DE CHAQUE MOIS AUX ENVIRONS DE 17H30…