Editorial Mars 2010

L’entre-deux

Blanc et noir Bien et mal

Jour et nuit Propre et sale

Grand et petit Homme et femme

Matin et soir Cendre et flamme

Soleil et pluie …


Dans ce jeu des contraires, tous les termes apparaissent comme étant antithétiques dans notre expérience quotidienne. Ils marquent la différence maximale, qui contient cependant, dans l’entre-deux, quantité d’intermédiaires qu’ils excluent par leur franche opposition.

L’oxymoron ou oxymore, figure de style qui assemble des mots paraissant contradictoires, contient lui aussi des extêmes. Ainsi, quand Baudelaire évoque un “enfer polaire” pour qualifier le spleen, il contredit la représentation traditionnelle de l’enfer, - s’il existe, et tel que les hommes se l’imaginent - avec ses flammes, son feu brûlant, sa chaleur torride ; l’enfer (sur terre) ne ressemble-t-il pas, parfois, à une chape de glace qui engourdit sensations et sentiments et nous coupe des autres et de la vie?


Dans les pays nordiques, en juin, autour du solstice, le soir tombe, clair puis gris, dans des lueurs diffuses jusqu’à minuit. Et la nuit luit alors d’une “obscurité lumineuse”. Vers trois heures du matin, l’aube se profile à l’horizon, teintée vaguement de bleu, puis de jaune pâle et d’orange. Vous avez dit “obscurité lumineuse”?


La Fontaine, lui, dans l’énumération des plaisirs de la vie, comme “le jeu, l’amour, les livres et la musique”, introduit “le sombre plaisir d’un coeur mélancolique”. Si la mélancolie est perte de tonus, cet abattement, cette semi-dépression que l’on sait, ce flottement des sensations et des émotions, elle n’est pas sans charme parfois. Observons pour preuve le repos songeur de la “Melancholie” de Dürer.


En musique, un Requiem peut insuffler une joie grave, profonde, primaire, comme un air de valse entraînant peut se teinter, pour l’auditeur, de réminiscences ambigües, de soupirs, d’une nostalgie vague.


Le chagrin peut être obsédant, obsessionnel même, et puis se muer peu à peu en une tristesse sombre, puis plus diffuse, plus intermittente. La joie aussi est rarement sans partage : le rire à peine éteint, les préoccupations ressurgissent avec le retour à la réalité.


C’est dans la nuance que réside le vrai, la vérité de l’instant, et non dans l’opposition ou la définition catégorique. Du rouge bordeaux au rosé, du bleu nuit au bleu azur, les nuanciers des peintres ou des tapissiers présentent la gamme entière des teintes possibles. Consultons donc jour après jour le nuancier de notre âme. Après les couleurs froides et grises de l’hiver, habillons-la de jaune pâle, de vert tendre, de rouge passion, en tons et sons joyeux et souriants, en harmonie avec l’espoir du renouveau de la nature.

c.h.

Le mot du président

En ce début d’année, les décisions du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (C.S.A.) contribuent fortement à alimenter l’actualité du paysage audiovisuel Alsacien.

L’annonce de l’arrêt de la diffusion des chaînes de télévision analogiques, à partir du 2 février 2010, bien que programmé de longue date, n’a pas manqué de plonger bon nombre de foyers dans le doute (notre installation sera-t-elle opérationnelle à temps ?), ni d’y susciter quelques débats essentiels, voire existentiels (acheter ou non un nouveau téléviseur ? installer le décodeur X ou Y ? bricoler soi-même, ou faire appel à un professionnel ?) Aux dernières nouvelles, l’obstacle a été franchi sans difficultés excessives et notre région a basculé dans l’aire de la télévision numérique.

A propos de numérique, nous vous avions entretenu ici, à plusieurs reprises, de l’avènement prochain de la radio numérique terrestre. Pour simplifier, il s’agit de l’équivalent de la télévision numérique, mais en matière de radio. Nous émettions quelques inquiétudes, liées d’une part à l’incohérence du standard technique retenu par la France, mais aussi, d’autre part et surtout, aux besoins nouveaux de financement que ce passage à la diffusion numérique allait entraîner. Aux dernières nouvelles, les autorités ont pris la sage décision de ne pas précipiter les choses, sur le mode wait and see. ACCENT 4 avait pris la décision, l’an dernier, de déposer un dossier de pré-candidature, une manière d’être dans la course, comme l’ont également fait la quasi totalité des radios françaises. Pour la radio numérique, c’est donc partie remise.

Mais pour ACCENT 4, l’actualité de ce début d’année se focalise maintenant sur l’appel à candidatures du C.S.A. en vue du renouvellement des fréquences analogiques en Alsace et en Lorraine. Vous le savez, ACCENT 4 dispose actuellement de trois fréquences sur la bande FM : Colmar (90.4) Sélestat (98.8) et Strasbourg (96.6). Ces fréquences sont exploitées sur la base d’une autorisation délivrée par le C.S.A. pour une durée définie. Or, les autorisations des radios de notre région expirent en septembre prochain, d’où cet appel à candidatures du C.S.A. Nous avons à déposer notre dossier de candidature pour le 19 de ce mois et nous tenterons à cette occasion d’obtenir l’extension de notre zone de couverture hertzienne à des parties de notre région non encore couvertes. A cette occasion, nous reviendrons vers vous pour que vous puissiez nous manifester votre soutien, car il ne fait pas de doute que cet appel à candidatures représente une mise en concurrence avec d’autres candidats, en particulier pour ce qui concerne les nouvelles fréquences que nous souhaitons obtenir. Soyez à l’écoute des messages qui seront diffusés à l’antenne dans les prochaines semaines et merci par avance pour le soutien que vous voudrez bien apporter à votre Radio.

Hubert Metzger Président d'Accent 4