I comme… Jacques IBERT

FOCUS : I comme… Jacques IBERT par Patrice MERCIER

Compositeur français
Né le 15 août 1890 à Paris
Mort le 05 février 1962 à Paris

Principales compositions: 7 opéras, dont Persée et Andromède (1921), Angélique (1927), Barbe-Bleue (1943),
Plusieurs pièces symphoniques (Escales, 1922 - Jeux, 1923 – Tropisme…, 1953 - etc)
3 Concertos pour flûte, saxophone, pour violoncelle, symph. concertante pour hautbois
De nombreuses œuvres de musique de chambre et instrumentale: quatuor à cordes, trio avec harpe, trois pièces brèves pour vents, …
Des pièces pour piano: Histoires, Petite Suite, etc Des ballets

Des mélodies...

Plus de soixante musiques de films

"L’art de Jacques Ibert échappe à l’épreuve du temps car il est, avant toute chose, essentiellement classique de forme. Mais quelle imagination dans l’ordre, quelle fantaisie dans l’équilibre, quelle sensibilité dans la pudeur... " - Henri Dutilleux

Jacques Ibert n'est certes pas totalement inconnu du grand public, mais, mis à part son œuvre-phare "Escales", qui connaît vraiment la personnalité musicale de ce parisien touche-à-tout, qui joua pourtant un rôle de premier plan dans la vie musicale française?

Initié très tôt à la musique par sa mère, pianiste amateur, le jeune Jacques entra au conservatoire de Paris dans la classe d'André Gédalge et de Paul Vidal, jusqu'au début de la Grande Guerre, où il s'engage dans la marine.

Il reprend ses activités musicales après la guerre et remporte en 1919 le Premier Grand Prix de Rome avec sa cantate Le Poète et la Fée. C'est le début d'une longue histoire d'amour entre Ibert et la Villa Médicis de Rome: il y écrit cette année-là le célèbre triptyque symphonique Escales, avant d'en être nommé directeur de 1937 à 1960, avec seulement une interruption de 3 ans pendant la guerre.

A l'écart de toutes les chapelles, Ibert n'en était pas pour autant un musicien rétrograde: admirateur des classiques certes, au premier rang desquels Mozart, Couperin ou Rameau, mais aussi de ses contemporains -Debussy, Ravel, Stravinski ou Roussel-, c'était un compositeur profondément ancré dans son temps, tantôt tonal, tantôt polytonal voire atonal si le discours s'y prête.

Il déclarait ainsi: " Pour moi, pas de système. Tous les systèmes sont bons, pourvu qu'on y mette de la musique. "

Ou encore : " Ce qui compte en art est plus ce qui émeut que ce qui surprend. L'émotion ne s'imite pas: elle a le temps pour elle. La surprise se limite : elle n'est qu'un effet passager de la mode. "

Et il est aussi, avec Honegger ou Auric, parmi les musiciens qui s'engagent dans cet art émergeant qu'est le cinéma: on ne compte pas moins de soixante de ses collaborations avec les plus grands réalisateurs de l'époque: Marcel L'Herbier, Marc Allégret, Maurice Tourneur, Julien Duvivier, jusqu'à Orson Welles pour qui il écrira la musique de Macbeth en 1947. Parallèlement, il compose 8 opéras et de multiples pièces de ballet: une attirance pour le spectacle qui n'a rien d'étonnant quand on sait qu'il aspirait, enfant, à devenir acteur!

Il a porté au plus haut la musique de divertissement, à la fois dense et légère, claire et élégante, en un mot: française.

Pour prolonger l'écoute:

On ne compte pas les gravures du concerto pour flute, ou des grandes œuvres symphoniques (chez EMI, DECCA ou Naxos). Le label Marco Polo nous propose au fil de plusieurs enregistrements, la musique de film, des pièces pour piano ou des ballets. Signalons enfin une intégrale de la musique de chambre chez Brilliant Classics qui vous fera découvrir de purs joyaux.